Ma conception de la littérature

Ma conception de la littérature

Par Guy-Joseph Feller.

En guise de postface

De la littérature de jubilation

Qu’est-ce que la littérature aujourd’hui ?  Il y a trois hommes dans ma vie, mon père, que j’adore, mon mari que j’aime et mon amant qui me baise. Je ne veux sacrifier personne. Que fais-je ? Ma vie est un enfer. En 300 pages petits caractères, on aventure un lecteur abruti de télévision vers un scénario d’une pauvreté insigne. Ce sont les feux de l’amour à tous les étages des librairies ; des piles de romans sans dimension, et surtout sans intérêts.

Les romanciers ont perdu ce qui faisait la force des romans picaresques (de l’espagnol picaro…) le côté chevaleresque et dérisoire d’un Don Quichotte. Je dois dire qu’on s’emmerde à lire tout ce fatras, et je préfère me plonger dans la belle prose d’un Rabelais, notre maître à tous, d’un René Fallet, d’un Raymond Queneau, d’un Molière, d’un Jarry et de quelques autres…

La littérature française était l’une des meilleures du monde à l’époque du maître de Chinon ; elle est aujourd’hui d’une pauvreté insigne et d’une suffisance inouïe. C’est un constat navrant : les romanciers contemporains ont perdu leur imagination et leur langue, se contentant de drames bourgeois, d’autobiographies de pacotille et d’une écriture de certificat d’études : verbe-sujet-complément. C’est bien sûr assez prétentieux de ma part, mais je crois qu’il est nécessaire de mettre un peu de cul-bite-couille dans toutes ces mondanités d’alcôves bourgeoises.

Pour qu’enfin on rigolât un peu. Les auteurs tirent des tronches à faire peur et leurs héros sont glabres comme des professeurs de français. Notre langue si belle et qui savait évoluer avec son temps s’est engluée dans les poncifs et les clichés de bon aloi. Ce n’est pas être grossier que de choisir le mot décalé plutôt que celui accepté par l’académie. Au Goncourt des vieux beaux de la littérature, je préfère à tout coup celui des lycéens.

Prônons, nous les auteurs sans gloire, la littérature de jubilation  qui se fout de son nombril et préférera toujours la galipette poétique à l’adultère bourgeois. Plutôt Fallet que Jean d’O. Rions mes frères en littérature avant que la terre ne décide une fois pour toute de virer la gent humaine. Allons, allons enfants de la galipette, prenons en main nos valeureux gonfalons… et fonçons sus à la fidèle !

GJF  

PS: En guise de postface de L’arbre crucifié de G.-J. Feller, roman jubilatoire, (inédit)

 

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